TL;DR Ma maison tient maintenant le cadre de la journée. Volets ouverts à 7 h 20, portail à 7 h 55, télévision coupée à 19 h 30 et rendue aux parents à 20 h 30. Les volets se ferment à 19 h 30, le coucher est à 20 h 30. Un capteur REST branché sur le calendrier scolaire officiel suspend tout pendant les vacances. Le capteur de jours fériés ne sert plus qu'au matin et au retour d'école : le soir, seules les vacances arrêtent la routine. Ce calendrier a changé trois fois en une semaine, parce qu'une erreur de règle ne coûtait plus qu'une retouche.


19 h 30. La prise de la télévision se coupe. Les six volets se ferment. Une minute plus tard, l'enceinte du salon annonce le temps calme. À 20 h 30 la télévision se rallume pour les parents, et le coucher est annoncé dans la chambre.

Rien de tout cela n'existait il y a un mois.

Ce n'est pas la partie la plus impressionnante de mon installation. C'est celle qui a le plus changé le quotidien, et la plus rapide à poser.

Le soir, brique par brique

Le premier morceau posé a été la coupure de télévision. Une prise Zigbee, une automatisation à 19 h 30, une autre à 20 h 30 pour la rendre. Quinze minutes.

Puis l'annonce de 19 h 25, qui prévient cinq minutes avant. Puis la fermeture des volets, calée sur la même heure. Puis le temps calme à 19 h 31, pour que l'extinction soit suivie d'une consigne plutôt que d'un vide.

Chaque brique a pris une soirée au plus, et aucune n'a été pensée à l'avance. J'ai corrigé après chaque essai.

Une maison, ça se règle, ça ne se conçoit pas. Un essai, un constat, une retouche.

Le matin a suivi le même chemin. Du lundi au vendredi, la chaîne démarre à 6 h 40 : la lumière de la chambre parentale monte pendant vingt minutes, comme un lever de soleil.

À 7 h 15, l'enceinte d'une chambre lance une playlist à 10 % du volume. Elle monte à 30 % en cinq paliers de vingt secondes, et la consigne parlée ne vient qu'ensuite. Si l'enceinte est injoignable, personne n'est réveillé et les parents sont prévenus.

À 7 h 20, le petit-déjeuner est annoncé et les volets s'ouvrent. À 7 h 50, l'avertissement de départ. À 7 h 55, le portail s'ouvre. À 8 h 00, un dernier rappel, puis la musique s'arrête.

Le portail est piloté par deux relais, un pour ouvrir et un pour fermer. Un verrouillage coupe l'un quand l'autre s'active. Ouvrir un portail déjà ouvert ne fait donc rien et ne produit aucune erreur.

L'automatisation relève l'état avant d'agir, juste pour choisir la phrase annoncée : « le portail est ouvert » plutôt que « j'ouvre le portail ». Deux lignes que je n'aurais pas écrites si elles avaient coûté quelque chose.

La fermeture a deux filets de sécurité : une fermeture systématique à 20 h 30, et une fermeture de nuit une heure après le coucher du soleil. Le second suffisait en théorie. En été, il laissait le portail ouvert jusqu'à 23 h.

Mercredi, tout glisse de cinquante-cinq minutes

La maison suit un emploi du temps réel, pas un emploi du temps moyen. Il y a école le lundi, le mardi, le jeudi et le vendredi. Le mercredi, il n'y a pas école. Le dimanche soir et le mercredi soir restent pourtant des veilles d'école, donc la même routine s'y joue, décalée le mercredi.

SOIR · MÊME ROUTINE, HORAIRES DÉCALÉS Tout glisse, sauf le coucher. École Mercredi 18 h 19 h 20 h 21 h Arrivée et douche 18 h 20 19 h 15 Pyjama 18 h 25 19 h 20 Devoirs 18 h 30 19 h 25 Repas 18 h 45 19 h 40 Brossage des dents 19 h 00 19 h 55 Temps calme 19 h 31 20 h 00 Coucher 20 h 30 Télé coupée 19 h 30 20 h 30 Chaque trait relie la même étape à ses deux horaires. Plus il est long, plus le décalage est grand. Le coucher et la télé ne bougent jamais.

Chaque étape porte donc deux horaires, et l'automatisation choisit selon celui qui l'a déclenchée. Les durées entre étapes sont conservées à l'identique. Ce sont les trente minutes de télévision et le temps calme qui encaissent le retard, pas le sommeil. Le matin, lui, ne glisse pas : lever à 7 h 15 du lundi au vendredi, mercredi compris, avec quarante minutes jusqu'au départ.

Un jeu de données pour seize semaines par an

Cette mécanique doit s'arrêter pendant les vacances scolaires. Sinon le réveil et le portail tournent pour rien.

L'épisode 2 raconte comment l'interrupteur que je basculais à la main est devenu un capteur branché sur le calendrier scolaire officiel.

VACANCES SCOLAIRES · ZONE A Un jeu de données, trois routines. Le jeu de données officiel de l'État Un booléen Matin · 5 étapes Soir · 7 étapes Télévision · 3 autos Relu toutes les six heures. Avant, c'était un interrupteur que j'oubliais.

Le capteur interroge le jeu de données de l'Éducation nationale toutes les six heures, filtré sur mon académie. Une automatisation aligne le booléen sur sa réponse et me prévient quand il bascule. Le plus long a été de choisir l'académie.

Ce booléen pilote à la fois le matin, le soir et le coucher. En contrepartie, un forçage manuel est repris dans l'heure.

À côté, un capteur de jours fériés sert le matin et le retour d'école. Il pose une seule question : « y avait-il école aujourd'hui ». Le soir, la télévision, le temps calme et le coucher ne le consultent plus. Depuis le 23 septembre, ils tournent aussi la veille d'un férié. Seules les vacances scolaires les arrêtent. Un service permet d'interroger le capteur à une date arbitraire. Ça évite d'attendre le 31 octobre pour vérifier qu'on a raison.

Le calendrier a changé trois fois en une semaine

La première version coupait la télévision les dimanche, lundi, mardi et jeudi. C'était un calendrier de veilles d'école, construit en raisonnant sur l'emploi du temps.

Trois jours plus tard, le mercredi a été ajouté. La coupure de 19 h 30 tombe pile au retour de l'activité du soir, ce qui empêche de se mettre devant la télévision avant de dîner.

Le lendemain, le vendredi a été ajouté, et la raison invalide tout le raisonnement précédent. Ce n'est plus un calendrier de veilles d'école. C'est un rituel de fin de journée, valable tous les soirs sauf le samedi. L'heure de rallumage est passée de 20 h 00 à 20 h 30 dans la foulée.

J'ai signalé deux fois que la règle de départ était incohérente. Les deux fois, l'agent a changé la règle au lieu de défendre son raisonnement. C'est le bon ordre.

Trois versions en une semaine, ce n'est pas de l'indécision. C'est ce qui arrive quand changer d'avis coûte moins cher que d'avoir raison du premier coup.

Un détail pratique en est sorti. Ces trois horaires vivent dans trois automatisations qui partagent la même liste de jours. Si on ajoute un jour à deux d'entre elles et pas à la troisième, la télévision se coupe et ne se rallume jamais. Elles se modifient donc ensemble, toujours.

Le blueprint plus bas règle ce défaut : une seule automatisation, une seule liste de jours.

La même souplesse a servi ailleurs. Les volets du matin ont fini avec deux horaires, qui couvrent chaque jour de l'année exactement une fois : 7 h 20 du lundi au vendredi, 9 h 00 les week-ends, les fériés et les vacances. Le mercredi a eu le sien, 8 h 05, jusqu'au 23 septembre. Sans l'horaire de 9 h 00, les volets restaient clos tout le samedi.

Ce que la maison ne décide pas

La fermeture des volets de 19 h 30 n'a volontairement aucune condition de jour. Elle n'est pas non plus reliée au coucher du soleil. J'ai proposé de la caler sur le crépuscule, ce qui semblait plus intelligent. La réponse a été non. Le but n'est pas de gérer la lumière naturelle. C'est d'imposer un repère visible aux enfants, qu'il fasse encore jour ou non. La description de l'automatisation le dit maintenant explicitement.

Les vacances scolaires restent la seule exception assumée. Pendant les vacances, aucune coupure de télévision, aucune routine du soir. Le rituel vaut en période scolaire, et c'est une décision de parent.

Enfin, rien de tout cela ne me fait gagner du temps. Ouvrir un portail prend trois secondes et couper une télévision aussi. Ce que la maison apporte, c'est la régularité : l'heure ne dépend plus de qui est disponible, ni de l'énergie qu'on a ce soir-là pour la faire respecter.

Ce que j'en retiens

  • Automatiser un interrupteur partagé supprime le forçage manuel. Une exception, comme un congé pour enfant malade, demande alors un second interrupteur.
  • Deux questions voisines ne sont pas la même question. Avant de réutiliser un capteur, écrire la question que pose chaque automatisation.
  • Écrire pourquoi dans la description de l'automatisation. C'est elle qui protège une décision contre la prochaine bonne idée.

Le prochain épisode reste sur les usages, mais passe à celui que je n'avais pas vu venir : la maison qui parle. Treize annonces vocales par jour, et la découverte que le problème n'était jamais le son.

À télécharger

Les deux briques de cet épisode sont réutilisables telles quelles.

  • vacances-scolaires-fr.yaml — le capteur des vacances scolaires françaises. Une seule ligne à changer, votre académie.
  • blueprint-coupure-prise.yaml — un blueprint pour couper une prise à une heure et la rallumer à une autre. Prise, horaires, jours et conditions se règlent depuis l'interface, sans toucher au fichier.
  • LISEZMOI.md — l'installation, et la même logique décrite sans Home Assistant pour qui veut la porter sur Jeedom, openHAB ou Node-RED.

Lire la série : Dix ans de domotique tout seul, un an avec un agent — l'inventaire de l'installation et la mesure de ce qui a changé. L'IA n'a pas automatisé ma maison — pourquoi le gain se mesure sur les chantiers qu'on ne commençait pas. J'ai enlevé les choix — treize annonces vocales, et pourquoi le problème n'était pas le son. Mon bureau est à 29 °C la nuit — six volets qui décident seuls, et ce que le modèle m'a dit de ne pas faire.